Vous touchez une pension de retraite et vous vous apprêtez à remplir votre déclaration de revenus 2026. Bonne nouvelle : l’abattement de 10 % sur les pensions de retraite est maintenu cette année. La réforme qui prévoyait de le remplacer par un forfait fixe a été rejetée par l’Assemblée nationale. Mais les seuils ont bougé, et un second abattement moins connu peut s’ajouter au premier. Voici ce que vous devez vérifier.
Rejet de la réforme fiscale retraités : ce qui s’est joué en novembre 2025
Avant de parler chiffres, un retour rapide sur le contexte aide à comprendre pourquoi le sujet revient chaque année. Le gouvernement avait proposé de remplacer l’abattement proportionnel de 10 % par une déduction forfaitaire plafonnée à 2 000 euros. Pour les retraités dont la pension dépasse un certain niveau, le calcul restait neutre ou favorable. Pour les pensions plus modestes, le forfait fixe pouvait être moins avantageux que le système proportionnel.
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Le 13 novembre 2025, l’Assemblée nationale a rejeté cette proposition à 213 voix contre 17. Le vote n’était pas serré. Le régime fiscal en place depuis des décennies est donc reconduit sans modification de principe.
Ce rejet signifie que le mécanisme proportionnel reste la règle pour la déclaration 2026 (revenus 2025). Aucune démarche particulière n’est nécessaire de votre côté : l’abattement s’applique automatiquement.
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Plancher et plafond de l’abattement 10 % : les seuils 2026 revalorisés
Le principe ne change pas, mais les bornes chiffrées ont été ajustées. Vous avez peut-être lu que l’abattement restait identique. C’est vrai sur le taux. En revanche, le plancher et le plafond ont été revalorisés pour suivre l’inflation.

Concrètement, pour la déclaration 2026 sur les revenus 2025, le plancher passe à 454 euros et le plafond atteint 4 439 euros par foyer fiscal. Si votre pension imposable est faible, vous bénéficiez au minimum de 454 euros de déduction. Si elle est élevée, la déduction ne dépassera pas 4 439 euros, quel que soit le montant total de vos pensions.
Pourquoi ces seuils comptent-ils ? Prenons un exemple simple. Avec une pension annuelle imposable de 3 500 euros, 10 % représentent 350 euros, soit moins que le plancher. L’administration appliquera donc 454 euros de déduction, pas 350. Le plancher protège les petites pensions.
A l’inverse, un foyer percevant des pensions cumulées de 50 000 euros verrait 10 % atteindre 5 000 euros, mais le plafond limite la déduction à 4 439 euros. Le plafond encadre les pensions élevées.
Abattement spécial seniors de plus de 65 ans : le second levier fiscal souvent ignoré
L’abattement de 10 % n’est pas le seul avantage fiscal automatique. Un second dispositif, prévu par l’article 157 bis du Code général des impôts, s’adresse aux retraités modestes âgés de plus de 65 ans ou reconnus invalides. Il ne porte pas sur la pension, mais sur le revenu net global du foyer.
Pour 2026, ce second abattement a été revalorisé de 0,9 %. Il peut atteindre jusqu’à 2 820 euros par personne éligible. Deux conditions cumulatives sont requises :
- Avoir plus de 65 ans au 31 décembre 2025 (ou être titulaire d’une carte d’invalidité ou d’une pension militaire d’invalidité)
- Ne pas dépasser un certain plafond de revenu net global, fixé chaque année par l’administration fiscale
Si les deux membres d’un couple remplissent ces conditions, chacun peut bénéficier de l’abattement. Le cumul avec l’abattement de 10 % sur les pensions est possible, car les deux dispositifs portent sur des bases différentes.
Vous n’avez aucune case à cocher pour en bénéficier. L’administration le calcule automatiquement à partir de votre âge et de votre revenu déclaré. En revanche, vérifier que le montant apparaît bien sur votre avis d’imposition reste utile, car des erreurs de traitement existent.
Montant imposable et pension perçue : la confusion qui coûte cher
Avez-vous déjà comparé le montant inscrit sur votre relevé de pension et celui qui figure sur votre déclaration préremplie ? Les deux chiffres ne correspondent pas toujours, et la différence ne vient pas d’une erreur.
L’abattement de 10 % s’applique sur le montant imposable déclaré par l’organisme payeur, pas sur la pension brute perçue. Or le montant imposable tient déjà compte de la CSG déductible. Vérifier ce point évite de croire que l’administration a mal calculé votre abattement.
Voici les éléments à contrôler sur votre déclaration préremplie :
- Le montant imposable communiqué par chaque caisse (retraite de base, complémentaire, autres rentes)
- La cohérence entre ce montant et l’attestation fiscale fournie par votre organisme payeur
- L’application effective de l’abattement de 10 % sur la somme totale, visible sur l’avis d’imposition final
En cas d’écart, contactez d’abord votre caisse de retraite pour obtenir l’attestation fiscale détaillée. C’est ce document qui fait foi auprès de l’administration.

Frais réels à la place de l’abattement de 10 % : une option rarement avantageuse, mais qui existe
La plupart des retraités n’ont aucun intérêt à opter pour les frais réels. Le mécanisme automatique de 10 % suffit dans la grande majorité des cas. L’option frais réels impose de renoncer à l’abattement forfaitaire et de justifier chaque dépense.
Dans quels cas cela vaut-il le coup ? Uniquement si vos frais déductibles dépassent le montant de l’abattement plafonné. Cela concerne par exemple des retraités qui exercent encore une activité bénévole générant des frais de déplacement importants, ou qui supportent des charges spécifiques liées à leur état de santé non couvertes par ailleurs.
Avant de cocher la case frais réels, comparez le montant de l’abattement automatique avec vos dépenses justifiables. Si l’écart n’est pas significatif, le risque de redressement en cas de justificatifs insuffisants ne vaut pas l’économie espérée.
Le maintien de l’abattement de 10 % avec des seuils revalorisés, combiné à l’abattement spécial pour les plus de 65 ans, offre un cadre fiscal stable pour 2026. La vérification la plus utile reste de comparer votre attestation fiscale avec la déclaration préremplie. Un écart de quelques dizaines d’euros sur le montant imposable peut modifier le calcul de l’abattement, et donc votre impôt final.

