Ce que vous toucherez réellement comme pourcentage de salaire au chômage

En 2020, certaines règles du jeu ont été modifiées sans tambour ni trompette : pour toutes les personnes dont les droits arrivent à échéance à partir du 30 octobre 2020, une rallonge automatique s’applique jusqu’au 28 février 2021. Pour continuer à percevoir l’allocation, il suffit de mettre à jour sa situation chaque mois, conformément au calendrier officiel.

Petit rappel : le chômage partiel, c’est une suspension du contrat de travail, pas une rupture. Ceux qui en bénéficient n’entrent donc pas dans la catégorie des demandeurs d’emploi classiques. Le mode de calcul de l’indemnisation change en conséquence. Pour savoir à quoi s’attendre, il existe des outils pour estimer son indemnité de chômage partiel. Les éléments qui suivent concernent, eux, les personnes véritablement inscrites à Pôle emploi.

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Depuis le 1er novembre 2019, la législation a bougé, notamment sur la durée minimale de travail ouvrant droit à indemnisation. Ces lignes ont été mises à jour pour coller aux dernières annonces officielles.

Quel est le montant des prestations de chômage ? Rémunération ASSEDIC

Dans la grande majorité des cas, le montant perçu au chômage tourne autour de 60 % de l’ancien salaire. Ce taux n’est pas tombé du ciel : il découle directement du salaire brut encaissé au cours des 12 derniers mois d’activité. Certaines primes, comme celle du 13e mois, sont intégrées dans ce calcul, alors que d’autres, notamment l’indemnité de départ, en sont exclues. Focus sur les différentes natures de rémunération prises en compte pour évaluer l’allocation chômage.

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En 2021, le montant minimum garanti chaque jour atteint 29,38 € pour une activité à temps plein. Un mois de 31 jours correspond donc à 910,78 €. Si l’emploi était à temps partiel, ce minimum est ajusté en proportion.

Exemple concret : un salarié à mi-temps bénéficiera d’au moins 14,69 € par jour, soit 455,39 € mensuels. En cas de besoin urgent d’argent, il est parfois possible d’obtenir un acompte sur l’allocation, sur demande auprès de Pôle emploi.

Particularité à noter : pour toutes les allocations journalières supérieures à 84,33 €, soit environ 4 500 € de salaire par mois, un nouveau mécanisme s’applique dès le septième mois d’indemnisation. À partir de cette date, cette allocation diminue de 30 %, sans jamais descendre au-dessous du seuil de 84,33 € quotidien.

Calcul du chômage : Quelles sont les rémunérations prises en compte ?

Lorsque l’allocation de retour à l’emploi (ARE) entre en jeu, le montant à percevoir dépend précisément des sommes retenues lors du calcul. Il existe des simulateurs gratuits pour chiffrer cette indemnisation.

Mais prudence : tout ce qui est versé pendant le contrat de travail ne compte pas. Seul le salaire brut sur les douze derniers mois, complété par quelques primes, est pris en considération. Pour clarifier, voici ce qui entre, ou non, dans le calcul des droits :

Rémunérations prises en compte dans le calcul du chômage

Variables ou fixes, plusieurs types de revenus entrent dans la base de calcul :

  • Salaire mensuel fixe
  • Salaire variable (par exemple, commissions ou primes sur ventes)
  • Heures supplémentaires dans une limite de 208 par an
  • Primes et gratifications diverses (prime panier, prime de saleté…)
  • Treizième mois

Précision : pour entrer dans la liste, la rémunération doit toujours avoir été soumise à cotisations sociales.

Rémunérations exclues du calcul d’ASSEDIC à l’assurance chômage

Divers versements et indemnités sont laissés de côté lorsqu’il s’agit d’évaluer vos droits :

  • Indemnités à la rupture du contrat
  • Indemnités de départ ou clause de non-concurrence
  • Versements liés à des arrêts maladie, maternité, etc. (perçus via la sécurité sociale)
  • Participation aux résultats
  • Remboursements de frais professionnels

De manière générale, tout ce qui s’écarte du salaire directement lié à l’activité est exclu du calcul. Autre coup de règle : la partie du salaire excédant 11 784 € mensuels ne compte plus dans les calculs.

Dans le calcul de l’AER. Simulation ASSEDIC gratuite : Comment calculer le chômage ?

Pour se faire une idée précise du montant de l’allocation, le simulateur de Pôle emploi se base sur le revenu brut des douze derniers mois de travail.

La méthode utilisée s’appuie sur le calcul du salaire journalier de référence (SJR) : il s’obtient en divisant le total du salaire brut annuel par 365 jours (hors périodes de carence ou arrêts maladie).

À partir de ce SJR, deux calculs sont réalisés. Celui qui donne le meilleur résultat sera appliqué :

  • 40,4 % du SJR + 12,05 € par jour (plafond 2021)
  • 57 % du SJR

Le montant retenu est ensuite multiplié par le nombre de jours du mois, qu’il en compte trente ou trente-et-un, pour définir l’allocation mensuelle.

Voyons ce que cela donne concrètement : imaginez une personne ayant touché 1 300 € brut par mois sur l’année. Son SJR : (1 300 x 12) / 365 = 44,38 €. Méthode 1 : 44,38 x 40,4 % + 12,05 € = 29,98 €. Méthode 2 : 44,38 x 57 % = 25,29 €. On retient le montant le plus élevé, soit 29,98 €. Sur un mois de 31 jours : 927,81 € bruts (ou 897,90 € pour 30 jours).

Sur cette somme viendront s’imputer 3 % de cotisations retraite, mais le montant ne peut jamais tomber sous 29,38 € par jour. Côté CSG et CRDS, ces prélèvements ne s’appliquent que si l’allocation brute dépasse 51 € par jour, soit l’équivalent de 899,97 € nets mensuels. Enfin, l’ARE reste plafonnée à 75 % du SJR et ne descend jamais sous 29,38 € par jour sauf cas spécifique : par exemple, une personne en formation voit son minimum abaissé à 21,04 € en 2021.

Le système du chômage ne se limite pas à un bête formulaire ou à une suite de chiffres. Derrière chaque montant calculé, il y a les détours d’un parcours professionnel, des circonstances parfois imprévisibles, des transitions à négocier. Ce montant affiché sur le compte bancaire n’est pas qu’une statistique, c’est aussi le reflet habile d’un compromis collectif. Chacun peut y lire, derrière la mécanique, le reflet d’une histoire unique.